►► Etape 3

Etape 3  LES ALPES
de Saint Maurice de Rotherens à Susa
 
Traversée solitaire de Belledonne puis compagnie de ma fille et celle, éphémère mais instructive, de deux novices jésuites pour la traversée de la verdoyante et vertigineuse Chartreuse. Ascension tant rêvée et un peu redoutée du Petit Montcenis. Beauté des paysages et luxuriance de la végétation. La longue descente vers l’Italie. Fin de la “partie” française de mon chemin à Susa.
 

Attignat-Oncin – Côte-Barier – Saint Pierre de Chartreuse – Laval – Rivier d’Allemond -Saint Sorlin d’Arves – Saint Jean de Maurienne -Bonvillard – Bramans – Petit Montcenis – Susa (Italie)

 

    En route pour la Chartreuse accompagnée d’Hélène. Après Attignat, le petit sentier monte rudement dans une belle forêt où l’on rencontre quelques ruines d’anciennes habitations. Descente sur St Christophe de la Grotte et montée par la Voie Sarde, voie naturelle creusée à l’époque glaciaire par les torrents puis voie de passage, elle est creusée en voie royale carrossable en 1670 par le Duc de Savoie Charles-Emmanuel II, également roi du Piémont et de la Sardaigne, d’où le qualificatif de Sarde. Cette voie a été empruntée par des voyageurs prestigieux: Jean-Jacques Rousseau, Pie VI lors du couronnement de Napoléon…

    En montant au camping, étape du soir, nous avons été rattrapées par deux novices jésuites, qui faisaient leur voyage préparatif avant de prononcer leurs vœux d’obéissance, chasteté, pauvreté, voyage basé uniquement sur l’hospitalité, avec interdiction de s’adresser aux paroisses et aux communes. Nous les avons revus le lendemain et avons descendu ensemble le vertigineux “Chemin du facteur” (XIIIe s.) qui descend en une petite heure de Saint-Pancrasse à Bernin en discutant très librement sur la formation des Jésuites. Instructif!

    Les jours suivants ne nous ont pas déçues: Laval, Pas de la Coche, Col de la Croix de Fer, des paysages splendides malgré le petit bémol des 13 km de goudron incontournables pour monter à la Croix de Fer, avec en arrière-plan les préparatifs du Tour de France. Instructif aussi!

    Puis Hélène m’a quittée à Saint Sorlin d’Arves et j’ai continué mon chemin, seule, vers Saint Jean de Maurienne. J’ai passé 3 heures dans la cathédrale car j’étais arrivée trop tôt mais je n’ai pas regretté. Des stalles splendides et un cloître magnifique. Enfin, Marie, petite femme de 90 ans et coordinatrice des hébergements de la Maurienne est arrivée dans sa vieille voiture pour m’emmener chez elle. Au passage, nous avons fait un petit tour au fort intéressant et agréable musée de l’Opinel.

    Quitter Saint Jean de Maurienne n’est guère plaisant, zone commerciale et artisanale, traversée d’autoroutes puis montée et marche plus agréable en balcon au-dessus de la vallée de la Maurienne. Un sentier avec quelques passages délicats m’a menée avec l’orage jusqu’à Bonvillard où Angéline m’a accueillie au milieu de ses cartons de déménagement.

    Départ sur la pointe des pieds, aux aurores, avec un ciel dégagé prometteur de beau temps, sentier au sol moelleux, cascades, ruisseaux, autre petit chemin du facteur. Après un bon ravitaillement à Modane – il était temps! – chemin du Petit Bonheur, vue sur la Redoute Marie-Thérèse, forteresse construite au XIXe s. sur la route du Montcenis par le royaume de Sardaigne pour contrer une éventuelle attaque française et cap sur Bramans au pied du Petit Montcenis, un orage et… la victoire des Bleus à la Coupe du monde.

    C’est avec un petit pincement au coeur que je suis partie le lendemain car le moment était arrivé de traverser les Alpes sur les traces d’Hannibal. Rencontre bovine (j’ai horreur de ça!), sentier escarpé, un peu de goudron, une flore magnifique résultant de la collision d’un printemps tardif (les cols n’ont été accessibles qu’à partir du 15 juin) et d’un bel été chaud. Une journée de rêve… Arrivée en haut, vue sur un paysage ébouriffant avec au milieu des pâtures, une cabine téléphonique. J’apprendrai une heure plus tard, au refuge, que c’est le seul endroit où il y a du réseau!

    Après-midi ressourçant sur la belle terrasse du refuge agrémentée des splendides photos des gérants. Départ matinal, après une nuit froide, au milieu des sifflements des marmottes sur fond de lac bleu. Ce fut un des moments forts de ce voyage. Puis, il y a eu les motos, les camping-cars et les voitures, mais j’ai eu une belle heure de bonheur avant d’arriver à Grand-Croix, dernier hameau français, réuni à la France à la suite du Traité de Paris en 1947 qui revoit les frontières.

    C’est alors la longue descente vers Susa par le tunnel désaffecté et dangereux du train du Montcenis, débouchant sur un pierrier périlleux et enfin, la douceur relative de la Strada Reale, voie royale permettant aux soldats, voyageurs et commerciaux d’antan de circuler entre Piémont et Savoie. Fin de la partie française à Susa où je me suis rendue à l’office du tourisme pour préparer mon voyage de retour. Visite de cette belle ville historique, hébergement dans l’ancien monastère de San Francesco reconverti en établissement de vacances assez luxueux mais accueillant les groupes. Repas dans une pizzeria agrémenté d’un petit rosé légèrement pétillant.

Fin de l’étape 3
>>> vers l’étape 4

Le film de l’étape
(diaporama automatique en fondu enchaîné)