►► Etape 4

Etape 4  LE PIEMONT
de Susa à Campo Ligure
 
Mes premiers pèlerins, la Sacra di San Michele, convivialité franciscaine, la plaine du Pô dans le brouillard, Ferreiro, les vignobles de la région d’Asti, nuit à la Croix blanche et autres nuits… Ce premier tronçon est l’occasion de s’adapter à l’inconnu parfois déconcertant et d’apprendre à cheminer au milieu des concerts d’aboiements inévitables dès qu’on approche un endroit habité.
 

Bussoleno – Sant’Antonino -Trana -Brillante – Monteu Roero -Neive – Canelli – Grognardo -Tiglietto – Campo Ligure

[Après un retour en France pour raison familiale, je reprends mon périple]

 

       L’Italie: immersion dans ce pays que je ne connais que par quelques séjours touristiques et culturels en groupe. Je ne m’étais jamais vraiment intéressée ni à la langue ni au peuple italien jusqu’à ma rencontre avec Alessandro sur le Chemin de Compostelle.

    Avant d’entreprendre ce pèlerinage vers Assise, j’ai donc pris la sage précaution d’apprendre sommairement l’italien, je m’en suis félicitée tous les jours car on traverse de petits villages isolés où le français, l’allemand ou l’anglais ne sont d’aucun secours.

    C’est aussi très important pour communiquer avec les gens de passage, entrer en contact avec la culture italienne et accessoirement réserver les hébergements par téléphone.

 A moi l’Italie, cette grande inconnue. A Bussoleno, je retrouve avec soulagement le Tau surmonté de sa colombe directionnelle. Petit tracas, j’ai oublié de noter l’indicatif téléphonique de l’Italie, j’ai peu de réseau et je n’arrive pas à réserver mon hébergement du soir à Sant’Antonino mais j’ai confiance et avec raison, car j’ai eu un lit à la maison paroissiale en compagnie de trois autres pèlerins qui venaient de Savoie. Enfin des pèlerins qui allaient à Assise, j’espérais ne plus être seule! mais finalement, nous nous sommes quittés le lendemain car nous n’avions pas du tout le même rythme de marche. J’ai fait un peu fonction d’éclaireur pendant quelques jours car nous restions en contact et je leur donnais des infos sur les hébergements.

    Le grand objectif du lendemain était l’abbatiale “Sacra de San Michele” perchée à 1000 m d’altitude. C’est à cet endroit que se joue l’intrigue du roman d’Umberto Eco “Le nom de la rose”. Visite rapide de ce lieu devenu très touristique et néanmoins magnifique. Descente sur Trana avec de belles vues sur l’abbatiale, petit moment angoissant à la paroisse où l’on est très étonné de me voir malgré la réservation par téléphone faite à Sant’Antonino par le logeur. Puis les trois autres pèlerins sont arrivés et nous avons passé une soirée agréable à disserter sur les psaumes.

    Le lendemain, on aurait dû se retrouver à None, mais j’y étais déjà à midi et j’ai décidé de poursuivre mon chemin sur Brillante. J’ai été accueillie, complètement trempée, par une famille de franciscains, les parents et leurs trois jeunes garçons, qui ont aménagé leur grande maison en petits studios pour accueillir les gens en difficulté. Ils s’occupent aussi d’enfants handicapés en bas-âge jusqu’à l’adolescence et se consacrent à leur rééducation par le contact avec les animaux. Ils font partie d’une communauté franciscaine laïque de plusieurs autres familles, et ce soir ils étaient invités à une “pizza-party” à laquelle j’ai été naturellement conviée. Belle soirée animée, bruyante (les enfants italiens et les Italiens en général parlent très fort, beaucoup et très vite) mais enrichissante du point de vue humain.

    Après une bonne nuit, départ dans le brouillard pour une grande étape de 34 km avec traversée du Pô, de champs de maïs labyrinthiques puis les interminables vergers de noisetiers, propriété d’un célèbre fabricant de pâte à tartiner. Cependant, la famille Ferreiro est très appréciée dans la région car elle donne du travail bien sûr mais dans un cadre social assez paternaliste.

    Gîte de charme à Monteu Roero avec… baignoire à bulles!!!

    De nouveau, les vignes, les vergers de pruniers et les hectares de champs de noisetiers. Pas besoin d’acheter de fruits, il n’y a qu’à se baisser et ramasser. J’ai aussi eu l’occasion de me servir de mon sifflet pour éloigner des chiens un peu trop agressifs. La gente canine est très importante en Italie, chaque famille à la campagne et parfois en ville, possédant au moins 4 chiens, c’est flippant.

    A Neive, accueil glacial du “padre” après plusieurs appels téléphoniques et “installation” dans un immense débarras flanqué d’un coin lavabo avec eau froide et toilette. Lit de camp, heureusement j’ai mon petit matelas et mon sac de couchage, pas grand-chose à manger dans mon sac à dos, rien pour faire la cuisine (j’ai un paquet de pâtes) et moustiques à gogo!!!

    Après une nuit inconfortable et pluvieuse, réconfort d’un vrai petit déjeuner à une terrasse et c’est reparti dans les vignobles avec des kilos de glaise qui s’accumulent dans les montées sous les semelles. Paysages magnifiques rythmés par le va et vient des tracteurs chargés de raisins, c’est la saison des vendanges. Accueil très cordial à la Croix rouge de Canelli où j’ai passé une nuit, toujours sur lit de camp, dans l’agitation des arrivées et des départs d’interventions.

    Changement de végétation, on quitte les vignes pour une campagne plus nature. Toujours des montées et des descentes, une belle portion de route fréquentée entre Terzo et Acqui Terme et le pinacle après cette ville thermale: un chemin “fortement” montant puis “durement” montant. J’ai eu tout le loisir de méditer sur le sens de ces deux mots car non seulement c’était fort et dur mais encore relativement long avant d’arriver sur un beau chemin de crête. A Grognardo, petite embrouille encore pour l’hébergement et rencontre avec un couple belge, en fait, le gîte comptait 6 lits mais comme il y avait déjà ce couple, l’hébergeur ne voulait pas m’accueillir en tant que femme seule ! Douche froide au sens propre comme au sens figuré!

    Douche froide également dans la grande salle de la Croix Blanche de Tiglietto pourvue d’un lit de camp mais aux commerces fermés.

    Petite mésaventure à Campo Ligure dans un B&B où l’on m’a fait payer le prix fort car nous devions être à trois dans le studio, seulement le couple belge ne s’est pas arrêté là.

Fin de l’étape 4
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Le film de l’étape
(diaporama automatique en fondu enchaîné)