►► Etape 6

Etape 6  LA TOSCANE
de Aulla à Chiusi

 

Les belles courbes ambrées de la Toscane mais auparavant la traversée des sombres forêts de châtaigniers des Apennins dans des dénivelés forcenés et incessants. Belles haltes touristiques à San Gimignano et à Sienne puis les routes-sterrata le long des vignes et des champs d’oliviers avant d’atteindre les villages forteresses à caractère moyenâgeux.

Monzone – Gorfigliano – Isola Santa – Vergemoli – Cardoso – Borgo a Monzano – Petrognano – San Gimignano – Montereggioni – Sienne – Ponte d’Arbia – Pienza – Montepulciano

Paysages de Toscane

    Environ 20 km de goudron à découvert sous un soleil accablant séparent Aulla de Monzone sur l’autre versant. Il existe une ligne de chemin de fer que j’ai recommandée aux Belges que j’avais encore une fois laissés derrière pour des problèmes d’insolation et de douleur au genou. Monzone: salle paroissiale (lit de camp) sans douche ni cuisine et toilette-lavabo d’eau froide à l’extérieur. Je suis entrée en Toscane et ça se voit à la végétation: vignes, oliviers et châtaigniers, je cherche vainement les cyprès… Je suis dans le pays où les cailloux et les lits des torrents sont en marbre (les carrières de Carrare ne sont pas bien loin).

    Le paysage est dominé par l’imposante masse serrée au beau vert sombre des Apennins: les Alpes italiennes. Petit problème d’hébergement à Gorfigliano, mais résolu grâce aux habitants, puis étape toute en ascension et descente (1000 m de dénivelés + et – dans la même journée) pour arriver à un endroit de charme tout en fond de vallée: la Casa dei Pescatore (Maison des Pêcheurs) à Isola Santa. A partir de là, la marche se fait au milieu de beaux vieux spécimens de châtaigniers centenaires, de pierriers heureusement agrémentés de cairns, d’arbres tombés, de sous-bois parfois oppressants mais tapissés de cyclamens sauvages, de descentes inconfortables qui mettent les genoux à dure épreuve et tout ça dans un silence absolu: plus de murmure d’eau courante ni de chants d’oiseaux. Cette atmosphère m’a donné envie de lire L’Enfer de Dante.

    A Borgo a Monzano, les choses s’adoucissent, encore du dénivelé mais nettement moins accidenté. On perd peu à peu de l’altitude et on le sent à la chaleur. Hébergement à “La Misericordia” l’équivalent de la Croix Rouge avec résidence pour personnes âgées à mobilité réduite. Petite chambre avec 4 lits pour pèlerins mais pour les repas, ça se passait au réfectoire avec les résidents et j’ai eu l’impression d’être un rayon de soleil pour toutes ces personnes qui voyaient arriver parmi eux une étrangère et marcheuse de surcroît. Très bon contact, beaucoup de convivialité et j’ai mis mon point d’honneur le lendemain matin au petit déjeuner, à saluer par leur prénom les personnes avec qui j’avais partagé le repas du soir.

    Encore beaucoup de moustiques et ce sera comme ça jusqu’à Assise !

    Dernière étape dans les Apennins jusqu’à Petrognano où Peter m’accueille dans son vert jardin où il cultive des plantes à usage culinaire et médicinale. Soirée en famille avec filles et petits-enfants.

    Le relief devient presque plat, beaucoup de route entre Petrognano et Forcecchio et une belle sculpture en forme de mikado jeté dans le ciel à l’entrée de Forcecchio. Nuit chez les Clarisses avec sur la place, sous ma fenêtre, une exposition de superbes voitures anciennes organisée par le Lion’s. Décalage!!!

    Cheminement sur la Francigena (qui relie Canterbury à Rome), aménagée et équipée de panneaux, boîtes de premier secours et boîte à livres. Des pèlerins, des randonneurs, des cyclistes, mais il faut dire que c’est dimanche. Trajet toute en montée et en descente sous un très grand soleil à travers une variété de paysages à découvert. Arrivée à Gambassi sous de bons augures pour l’hébergement en 1/2 pension au nez des bonnes odeurs qui m’accueillent.

    Là, en fait, j’ai fait une petite infidélité au “Chemin” car je voulais au moins voir Sienne. Le chemin d’Assise ne passe pas par les villes et nous frôlons Gênes, Pise, Parme, Lucca, Florence mais sur les hauteurs. C’est la communion avec la nature, on passe à côté des richesses culturelles de l’Italie. De Gambassi Terme, me voici donc partie pour un petit épisode touristique par San Gimignano et Sienne. Grand choc, je ne suis plus habituée à côtoyer les gens! Cependant, je ne regrette pas la belle architecture, les hautes tours, les magnifiques murs de pierre, les petits palais, les belles places et les petites églises de San Gimignano. Je garde également un souvenir ébloui de la place du Pallo à Sienne ainsi que de sa sculpturale cathédrale ciselée, parée de marbre blanc et noir, de marqueterie en marbre et pourvue d’une époustouflante bibliothèque aux murs et plafonds qui sont de véritables œuvres d’art peintes.

    A Buonconvento, les chemins vers Assise et vers Rome se séparent, je prends donc congé du couple français rencontré à San Gimignano et retrouvé par-ci par-là sur la Francigena et parfois le soir à l’étape.

    Et là commence le “calvaire” des sterrata, qui font suite à des sortes de petites départementales et qui deviennent des pistes dans la campagne toscane, le tout avec un beau petit dénivelé. Elles sont donc fréquentées également par les véhicules qui soulèvent des tonnes de poussière. Certains conducteurs comprennent assez vite le problème et ralentissent mais la plupart ne se soucient pas de la marcheuse qui disparaît dans un épais nuage blanc.

    A Montepulciano, dernière étape de Toscane, dans un petit hôtel tenu par une dame assez âgée. Je suis la seule cliente et ça me fait mal au coeur de la voir se démener pour me satisfaire. Bon repas, choix de la chambre, petit déjeuner et pique-nique pour le chemin. Adorable mais tristounet.

Fin de l’étape 6
>>> vers l’étape 7

Le film de l’étape
(diaporama automatique en fondu enchaîné)