►► Etape 7

Etape 7  L’OMBRIE
de Chiusi à Assise
 
Dernier tronçon dans le vent d’automne en compagnie d’un couple de pèlerins, encore quelques surprises quant à l’hébergement et arrivée à Assise en pleines fêtes franciscaines.
 

Moiano – Castiglione – Torgiano (Santa Croce) – Assise

    Départ somptueux dans un Montepulciano endormi et dans la fraîcheur du matin. Depuis deux jours, le vent souffle très fort au point de parfois me déséquilibrer, le poids du sac à dos n’arrangeant pas les choses. Beaucoup de propriétés bordées de cyprès, la Toscane telle qu’on se l’imagine puis arrivée en Ombrie, à Moiano (après Chiusi), où j’ai encore eu beaucoup de mal à me faire ouvrir l’hébergement paroissial. Propreté douteuse mais j’ai pu laver la literie et grâce au vent et au soleil, la faire sécher sur les filets des buts du terrain de foot attenant.

    Le lendemain, journée d’automne, le vent souffle toujours mais il est froid et il pleut. Une fois n’est pas coutume, café et sandwich à Panicale, un pittoresque village fortifié surplombant le Lac de Trasimène. Descente sous le parapluie à travers des oliveraies, des chemins de campagne où la glaise colle par kilos aux chaussures et rencontre avec un couple de pèlerins de Troyes, Chantal et Daniel. Nuit dans un ancien village ramassé autour d’une abbaye bénédictine, le tout acheté et aménagé en centre de vacances de luxe et high-tech par une allemande. Beau mais froid et pas convivial, une certaine condescendance envers nous, pauvres hères.

    Nous repartons pour notre avant-dernière étape de 24 km de chemin doux sous un ciel certes menaçant mais plutôt enclin à sourire. Daniel parcourt le chemin par tronçon depuis 4 ans et Chantal l’a rejoint pour les quelques 80 km qui nous séparent d’Assise. On lève inconsciemment le pied car on sent que c’est bientôt la fin et il est difficile de s’imaginer retourner dans le quotidien “normal”. Dans la tête, je me “repasse le film”, 1500 km, 5 jours de bonheur avec ma fille, très peu de rencontres, des passages difficiles, des paysages splendides, c’est un véritable cheminement intérieur. Je rentrerai avec de meilleures connaissances sur l’Italie, ses régions, ses habitants de la campagne, ses vieux centres médiévaux et ses bourgs perchés mais qu’en est-il de ma relation spirituelle avec ce chemin ?

    Après une nuit seule à Santa Croce (Torgiano), nous nous retrouvons à quelques km de là pour la dernière étape, j’avais envie d’arriver à Assise en compagnie.

    Long chemin plat parmi les élevages d’oies et les champs de choux (Tiens, l’Alsace se profile à l’horizon!), puis après un Percorso verde (parcours vert), interminable mais agréable, nous nous trouvons face à une superbe vue d’Assise, très blanche, à mi-hauteur d’une colline. Ça coupe le souffle! Une petite paire de kilomètres encore et une belle montée finale pour arriver à la basilique, chercher le Testimonium (diplôme de fin de parcours obtenu en quelques minutes) et trouver notre hébergement. Nous arrivons pour les Fêtes franciscaines et la ville est pavoisée et bondée. Nous devons loger chez les Clarisses mais Chantal et Daniel, plus prévoyants avaient réservé une dizaine de jours auparavant alors que moi je ne m’y étais prise que l’avant-veille. Une chambre donc pour eux, un matelas dans une cave pour moi ! Et là, c’est la deuxième fois que j’ai vécu le fait qu’être seule m’interdisait le confort par rapport à un couple. Ils avaient effectivement, une belle chambre dotée de quatre lits mais étant un couple. Heureusement, ils ont compati et c’est dans un bon lit, dans de bons draps et avec une fenêtre à moustiquaire que j’ai passé ces deux nuits à Assise.

    Que dire d’Assise? C’est une ville splendide, toute en ruelles pentues et en escaliers. Les centres vitaux sont évidemment la basilique dédiée à Saint-François à un bout et la basilique Sainte-Claire à l’autre bout. Beaucoup de monde mais pas d’oppression, il y a tant à voir. Une ferveur dans les hauts quartiers parcourus par une foule bariolée provenant de très nombreux pays. On y est bien! Et je passe deux jours à déambuler… sans sac sur le dos!

    Le retour se fait de la gare d’Assise avec un petit crochet de trois jours à Milan chez Alessandro rencontré sur le chemin de Compostelle l’année précédente.

 

    Je suis donc revenue avec une grande confiance en moi, trouver mon chemin n’a pas toujours été simple mais je n’ai jamais eu de véritable crainte. J’avais également une grande soif de lecture et de documentation pour compenser mes lacunes. Cependant, j’ai encore beaucoup de mal à cerner ce que m’a apporté ce chemin qui m’a encore renforcé dans mon désir de marcher vers d’autres horizons.

 

A suivre ?

 

Le film de l’étape
(diaporama automatique en fondu enchaîné)