►► Etape 4b

ETAPE 4 : VEZELAY – SAINT PALAIS

Section 4b : VEZELAY – LA CHATRE – PERIGUEUX
1. du 16 au 19 mai
2. du 10 au 19 août


                                                                    Journal

16 mai : de La Châtre à Neuvy-St-Sépulchre
Journée estivale de 18 km avec sentiers fleuris et odorants. Sur notre chemin, le château de Sarzay (15ème siècle), passage de gué et un peu plus de gens, mais toujours des facteurs en voiture jaune. Arrivée à Neuvy-Saint-Sépulchre par la rue Yves Montand et la rue Jacques Brel. Installation au gîte : nous serons six ce soir, 4 Hollandais,  1 Suisse, 1 Française. Je me prépare maintenant à visiter la basilique du St-Sépulcre qui est, paraît-il, une réplique de Jérusalem.

17 mai : de Neuvy-St-Sépulchre à Gargilesse
Après une nuit passée sur le canapé du rez-de-chaussée pour cause de lit métallique trop mou et bruyant, réveil à 6h. La boulangerie devant ouvrir à 6h30 est fermée le mercredi, donc gros désappointement collectif et mise en commun des victuailles pour avoir un petit dėj correct. Départ à 7h, on marche bien. Nous pouvons admirer les ruines de la forteresse de Cluis et le vieux viaduc. Nous arrivons à Gargilesse à 13h30. C’est un petit village pittoresque marqué par l’esprit de George Sand. Beaucoup d’artistes du mouvement impressionniste y sont passés. Une cinquantaine d’habitants vivent autour de son château et de son église romane, dont la crypte est tapissée de belles fresques. Ce soir, Maria nous a quittés pour aller dormir sous sa tente et Christian, originaire de Tours nous a rejoints.

18 mai : de Gargilesse à Crozant
Vu le bel orage d’hier soir et la pluie fine qui tombe ce matin, nous décidons Christie et moi de marcher sur la route pour éviter herbes hautes et chemins boueux et glissants. Nous sommes maintenant dans le Limousin et plus précisément dans la Creuse. Le relief est plus mouvementé et le paysage certainement très beau sous le soleil. Cependant, un timide rayon de soleil nous accueille à Crozant, autre lieu empreint d’impressionnisme et marqué par George Sand. Nous ne profiterons malheureusement pas des activités culturelles, car il pleut à verse et le vent souffle par grandes rafales. Après-midi repos au gîte et arrivée successive de Christian puis de Josh et Kic. Ce soir, nous mangerons au resto où la patronne portugaise nous prépare une potée de chez elle…PS: Peu de photos pour cause de mauvais temps.

19 mai : de Crozant à La Souterraine : Une pause imprévue
C’est la mort dans l’âme que je me vois contrainte d’interrompre mon cheminement vers Compostelle, sur avis médical. Le mauvais temps (orages et pluie m’obligeant à abandonner les sentiers prévus et à marcher sur le goudron), combiné à la rencontre brutale d’une pierre mal placée m’interdisent la poursuite du pèlerinage. A partir de La Souterraine je vais donc rejoindre ma famille pour me reposer quelques jours, avant de retrouver Weislingen.
Mais ce n’est que partie remise : reprise du pèlerinage prévue vers la mi-août.
 
La Souterraine, 9 août

     Suite au petit incident de parcours et mon arrêt provisoire, je reprends demain le chemin là où je l’ai quitté, c’est-à dire à La Souterraine dans la Creuse. J’ai derrière moi presqu’un mois de marche depuis Thann et environ 1000 km parcourus depuis Weislingen.

     Cette période de repos forcé m’a permis de repenser à ce que j’avais vécu, de réfléchir aux erreurs que j’avais pu commettre et de remanier éventuellement le tracé  prévu initialement, mais aussi de revoir  la composition de mon sac à dos.

     Je suis restée en contact avec Maria et Florent et les ai suivis régulièrement. Maria est arrivée à Compostelle par le Camino Francès en passant par Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux. Quant à Florent, il a suivi le Camino del Norte dans son intégralité, mais en faisant un petit détour (involontaire) par Oviedo. Tous les deux ont continué vers Fisterra et Muxia (Maria) ou Muxia et Fisterra (Florent).

     Pour l’heure, je suis encore indécise sur plusieurs points :
1/ Est-ce que je vais passer par Saint-Jean-Pied-de-Port ou bien vais-je emprunter une transversale à partir de Saint-Palais qui me conduira directement à Irun (Hendaye) ? Maria et Florent n’ont pas pu passer par là pour cause d’Office de Tourisme fermé le dimanche et jours fériés. Ils n’ont donc pas eu les informations nécessaires et ont préféré ne pas s’engager sur des “terres inconnues”.
2/ Oviedo ou pas Oviedo ? Il paraît que celui qui n’a pas vu Oviedo, n’a pas fait Compostelle. Pourquoi se poser la question alors ?! Mais ça fait quand même une petite rallonge…
3/ Camino Primitivo ou Camino del Norte dans son intégralité ?
4/ Fisterra ==> Muxia ou Muxia ==> Fisterra ? Il paraîtrait plus logique de terminer par Fisterra (Fin des terres) mais l’autre sens est le plus courant, c’est aussi celui qui est décrit en premier dans les guides.
     Une des leçons que j’ai tirée de ce premier trajet, c’est qu’il existe plusieurs options, qu’il faut s’adapter et ne pas se cantonner à un cadre trop strict et défini à l’avance. Il n’y a rien de définitif, tout peut évoluer…

     On verra …

… suite du journal

10 août : de La Souterraine à St-Priest-La-Feuille
Arrivée à La Souterraine en train vers 16h00, je n’avais pas envie de retourner au même gîte. Après un petit tour au stand de l’église paroissiale où j’ai tamponné ma credencial et écrit tout faux dans le registre (je n’avais pas mis mes lunettes !), j’ai donc choisi de faire une petite mise en jambes d’environ 8 km et de rejoindre Saint-Priest-La-Feuille. Rien que le nom a un côté plus leste et virevoltant. J’espère que cela me sera favorable. Bien entendu, météo déplorable et c’est trempée comme une soupe que je suis arrivée au gîte. Belle chambre et déjà 6 pèlerins belges : les parents et 4 charmantes blondinettes de 3 à 10 ans qui arpentent le chemin pendant une semaine à vélo. Chapeau !

11 août : de St-Priest-la-Feuilleà Bénévent-L’abbaye
Réveil à 7h15, petit-déj. à 8h00. Ce matin, j’ai décidé de faire un peu de tourisme : j’ai emprunté un parapluie au gîte et laissé mon sac pour me promener au dolmen de St-Priest et profiter de faire quelques photos avant qu’il ne pleuve. Sur le chemin du retour, j’ai rencontré mon premier pèlerin et nous avons cheminé ensemble sous une pluie battante jusqu’à Bénévent. Dommage, cette météo qui nous gâche ces superbes paysages de la Creuse. Installation au gîte de La Chouette tenu par une Anglaise, quelques courses pour le repas du soir, puis concert de jazz à l’abbaye. Belle soirée.

12 août : de Bénévent-L’abbaye à Châtelus-le-Marcheixh
Réveil à 7h et départ vers 8h45 après un bon petit déjeuner. Il ne pleut pas! Aujourd’hui, étape de 21 km avec une très forte montée sur Saint-Goussaud. Petite frayeur peu après Bénévent : je me suis trouvée dans une battue de dispersion et un énorme sanglier est passé à 10 m de moi. A Marsac, j’ai rattrapé les deux Hollandaises qui avaient partagé deux fois le gîte avec Francis et nous avons cheminé de concert jusqu’à Châtelus. Comme avec Maria et Christie, c’est moi qui prend les réservations, mais elles ne tracent pas autant et proposent même la pause avant moi. Le gîte communal de Châtelus se trouve dans les locaux de l’ancienne gendarmerie et est bien équipé avec petite épicerie de dépannage. Lessive, écriture et après règlement une bonne petite bière à l’auberge. En tout cas, une belle journée sans pluie et avec un beau paysage.

13 août : de Châtelus-le Marcheixh à St-Léonard-de-Noblat
Difficile de récapituler : petite bière prise sur la terrasse de l’auberge du village qui est gérée par une association. Les bénévoles se relaient le soir de 17h30 à 20h30 pour servir les clients au bar, en pain et en épicerie. Ils espèrent pouvoir commencer à restaurer les chambres l’année prochaine. Repas et nuit fraîche au gîte. A 7h45, départ pour Carla, Rosa et moi vers St-Léonard-de-Noblat et Francis sur sa voie de Rocamadour. Pour nous, challenge de la journée : arrivée à temps au gîte car ils appliquent la règle espagnole : Premier arrivé, premier servi ! 30 km sous un ciel couvert et une relative fraîcheur pour arriver vers 16h à St-Léonard sous un soleil écrasant ! Relief vallonné très joli, mais encore beaucoup trop de route goudronnée pour cette étape ! Arrivée au gite : personne mais gîte ouvert, tout le confort (lave-linge, sèche-linge, épicerie de base à dispo.) pour un donativo suggéré à 5 euros ! Repas aménagé avec les restes de nos sacs à dos et complété avec les victuailles du placard pendant que notre linge séchait sur la place de la Collégiale.

14 août : de St-Léonard-de-Noblat à Limoges
Il est 2h30 du matin (nous sommes donc le 15 août) et j’écris dans la cuisine d’accueil des sœurs franciscaines de Limoges avec une tisane et un comprimé de Humex, car je suis bien enrhumée ! Cette étape de 29 km a commencé par une belle descente et une jolie brume de beau temps sur le pont de Noblat. Un peu plus de chemin, moins de route et une campagne très paisible avec de petits villages et hameaux bien fleuris. L’église d’Aureil nous renseigne qu’il ne reste plus que 1 422 km. En fin de compte, je crois que je ne saurai vraiment jamais le nombre de km que j’aurai parcourus… Arrivée sur la banlieue commerciale de Limoges (toujours pénibles les entrées et sorties de grandes villes !), nous sommes allées direct à la cathédrale, où un jeune homme nous a proposé de tamponner notre credencial. Nous lui avons laissé nos sacs enfermés dans la sacristie et sommes allées faire nos courses. Au retour, accueil au couvent des franciscaines. Dîner léger et rapide pour moi et au lit à 20h.

15 août : de Limoges à Flavignac
Sortie de Limoges pas très réjouissante mais très calme car jour férié. Il ne pleut pas encore et nous pouvons même picorer dans des petits bacs le long de la route. J’ai toujours le rhume et nous avons marché pendant ces 29 km sans trouver un seul endroit pour s’asseoir. Ereintant !!! Paysage monotone, beaucoup de route, des montées, des descentes… Sommes arrivées à Flavignac sous une pluie battante et avons voulu nous réfugier dans l’église… fermée ! Une dame nous a vues de sa fenêtre et nous a offert boissons chaudes et petits gâteaux chez elle en attendant l’heure du rendez-vous convenu avec le camping. Installation dans un chalet, exigu mais bien équipé quoique sans eau. Sanitaires du terrain de foot et douches collectives (on tire sur la chaîne qui pend du plafond et on prend toute l’eau sur la tête !). Cerise sur le gâteau : comme la pluie avait cessé, feu d’artifice à 22h30, mais nous étions déjà couchées et on n’a eu que le son !!!

16 août : de Flavignac à La Coquille
Grand enthousiasme de Carla et Rosa pour l’étape d’aujourd’hui : elles ont trouvé un raccourci de 7km sur maps.me, donc 24 km au lieu de 31. Ah oui !!!

Tout a bien démarré, on a trouvé le chemin tout de suite, très joli, forestier, mais au bout de 10 km, on ne savait plus où on était. Bref, nous avons fait un parcours très varié : route (un peu), chemins (beaucoup et de toutes sortes), contours de points d’eau (nombreux en cette région), allées de chasses gardées, etc… Finalement, après avoir rejoint la Maison du Périgord, je me suis aperçue que je n’avais plus mon portable. Affolement, quelqu’un accepte de refaire la route en voiture avec moi et à mi-chemin, lors d’un appel de contrôle, j’entends mon portable et ne le vois pas… il était tombé entre le bas de mon pantalon et ma chaussure !

Avec ce genre d’aventure, on se rend compte comme on est dépendant de nos appareils connectés. J’étais prête à renoncer au Chemin ! Réaction idiote car j’ai ma version papier sur moi, j’aurais pu acheter un appareil photo jetable, j’aurais pu appeler à partir des gîtes, je n’aurais juste pas été joignable !

Après 31 km pleins de rebondissements, je suis seule au gîte ce soir, Carla et Rosa faisant une pause d’un jour chez des amis à La Coquille.

17 août : de La Coquille à Thiviers
Bonne nuit et réveil tranquille. Jacqueline, hospitalière de 74 ans prend le petit déjeuner avec moi. Départ à 9h dans une belle campagne ombragée de chênes, châtaigniers et premiers noyers. Le chemin sent bon la menthe et j’apprécie de marcher à mon rythme. Au début, le chemin est idyllique puis peu après Le Tuquet, on aperçoit le clocher de Thiviers. Mais on le voit encore pendant 2 heures. C’est interminable ! Le camping est à l’autre bout de Thiviers et se trouve perdu dans un vallon au milieu des arbres. On ne le voit pas. Ça s’appelle “Le Repaire” et c’est très bien nommé.

Le chalet pèlerin est plus spacieux qu’à Flavignac, avec eau courante. La piscine est à côté, le snack en face et il y a un petit plan d’eau pour faire du pédalo et pêcher (les écrevisses). Un couple de pèlerins (des connaissances de Rosa) passera la nuit avec moi.

18 août : de Thiviers à Sorges
Belle soirée au camping. Hanneke et Hank sont partis manger en ville et moi, je suis allée au snack. Un repas contraire à l’habitude : côtelette de porc, frites, salade et un verre de rosé, le tout en compagnie d’une famille de Chartres, fan d’Aurélien, le propriétaire du camping. Petit sketch de Dany Boon (“Mercédès”) pour l’ambiance. Sympa !

Ce matin, lever d’un commun accord à 6h45, car l’étape ne fait que 21 km mais la météo annonce de l’orage à partir de midi. Nous voulons donc arriver à Sorges avant.

Départ à 7h30 pour moi en faisant un petit détour par le chalet n°10 que les Chartrains m’ont gentiment proposé de visiter.

Jolie sortie bien balisée, dans une belle lumière et sous un ciel bleu déjà moutonneux. Environ 12 km de sentier vallonné principalement en forêt. A 8 km de Sorges, un camion d’équarrissage dégageant une odeur pestilentielle a emprunté le sentier pèlerin et j’ai préféré continuer par la route. Je suis arrivée à Sorges par les vergers de noyers et de chênes truffiers à 11h45. Le gîte n’ouvrant qu’à 16h, je me suis installée sur le banc devant l’entrée et ai juste eu le temps de constater qu’il y avait du réseau avant que les premières gouttes ne tombent. Heureusement, la mairie a un perron abrité et c’est de là que j’écris pour rattraper tous ces jours sans connexion.

>>> voir aussi dans l’album photo des vues commentées de Sorges

19 août : de Sorges à Périgueux
Très jolie randonnée ! Sortie de Sorges par le rond-point orné d’une borie .Vrai sentier GR m’indiquant qu’il ne reste plus que 1210 km jusqu’à Compostelle. Cheminement à travers la campagne, les plantations de chênes truffiers et de noyers, de champs de tournesols et la forêt. Parcours également pédagogique avec infos sur les puits à balancier, hameau de forestage habité par les harkis. Parcours parsemé de structures de vacances peu conventionnelles : gîtes écologiques au domaine des bories, grandes tentes parsemées dans la forêt de Lanmary sur le camp forestier d’Huttopia. Au détour d’un chemin, la forteresse de Caussade. Arrivée un peu pénible sur Périgueux, grosse descente vers le centre-ville. Rencontre avec Fénelon et Montaigne, remontée de la rue Limogeanne jusqu’à la Cathédrale St Front.

Installation au gîte avec André Dehler, auteur du guide de la voie de Vézelay comme hospitalier. Sur ses conseils, je prendrai demain “La voie verte” pour aller à St Astier.

 
Ici s’achève la section 4b de l’étape 4 

Photos de l’étape 4b
(diaporama automatique en fondu enchaîné)