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ETAPE 4 : VEZELAY – SAINT-PALAIS

Section 4c :  de  PERIGUEUX  à  SAINT-PALAIS (du 20 août au 03 septembre)

 

 

Journal

20 août : de Périgueux à Saint-Astier
Ce matin j’ai croisé Isabelle qui partait rejoindre ses copains sous le pont pour pêcher l’aiguille, le sandre et le brochet. Nous avons donc marché ensemble jusqu’à la Voie verte. Son parcours est nettement plus court que celui que j’ai repéré hier. Et me voilà partie pour 24 km de balade sur les berges de l’Isle. Cette voie a été créée il y a 4 ans par le Conseil général de Dordogne et les gens l’apprécient beaucoup. Il fait beau et tout se passe bien, tranquillement. L’arrivée sur Saint-Astier est longue mais ça vaut la peine, car tout le village est pavoisé pour la Fête des Jardiniers. C’est magnifique. Prise de photos puis me voilà repartie pour mon gîte pèlerin au château Puyferrat, monument historique du XVIe. Je pensais qu’ils avaient aménagé des dortoirs dans les communs, mais non! C’est le château lui-même qui est gîte et comme je suis seule…. Il faut dire que, curieusement, depuis La Coquille, je suis précédée par un groupe de 8 pèlerins et un groupe de 7 pèlerins me succède. Et moi, je suis seule au milieu de tout ça ! C’est mon chemin ! Donc, ce soir, deuxième nuit de château avec bain, linge de toilette, lit fait avec des vrais draps …. mais repas solitaire.

21 août : de Saint-Astier à Mussidan
Bonne nuit dans un noir sans concession. Départ à 7h50. Parcours presque sans goudron, tout en dénivelé et en chemins “pierreux-rouleux” et… des nuées d’insectes. Deux invitations anonymes au repos bien appréciées car dans l’ensemble, la journée a été assez éprouvante et il a fait très chaud. Heureusement, c’est la saison des mûres, des pêches et des pommes, et c’est bien agréable de pouvoir grignoter de ci, de là. A Saint-Louis-en-l’Isle, petit arrêt au bar où Mireille m’a expliqué les restaurations de l’église, les débuts du gîte de Mussidan. Elle m’a conseillé un raccourci de 6 km vers Ste-Foy-la-Grande. Arrivée à Mussidan par la Voie verte et installation à 17h dans le gîte que je partage ce soir avec un jeune pèlerin qui fait une année sabbatique.

22 août : de Mussidan à Ste-Foy-la-Grande
Lever à 6h30, départ à 7h45, j’ai dû traîner sans m’en rendre compte ! Grande étape de 35 km que j’étais sûre de bien gérer. Je n’avais pas compté sur la deuxième partie du trajet à partir de Montfaucon. Le vignoble de Bergerac ! Une terre calcaire, des chemins de coteaux raides, droits, d’un blanc aveuglant sous un soleil à 40°. Un véritable calvaire. J’ai fait beaucoup de pauses et de petits pas et bu des litres d’ eau. Arrivée épuisée à l’hôpital de Ste Foy où j’avais réservé une chambre en 1/2 pension pour le tarif mirobolant de 5 euros. En fait, à la réception, on m’a redirigée vers l’accueil des sans-abris ! Grande déconvenue ! Ma chambre est à l’étage et contient deux lits, les WC et la douche sont dans la cour. J.L. est locataire permanent avec sa chienne. Pour le repas du soir, la bénévole m’a emmenée dans les locaux de la banque alimentaire où j’ai “choisi” une petite boîte de ratatouille, deux compotes et deux sticks de café pour ma 1/2 pension. Belle surprise cependant : des serviettes et des draps pour mon lit. Je me suis écroulée sur mon lit, me suis réveillée à 23 heures, ai mangé ma ratatouille à même la boîte. Voilà le genre de surprise que réserve le chemin. Tantôt un château, tantôt un refuge pour sans-abris. On s’adapte… Je ne suis pas sûre de me rendormir vite, c’est la vie de cité ici et il y a de la vie dehors !

23 août : de Ste-Foy-la-Grande à Saint-Ferme
Aujourd’hui c’est Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne avec le vignoble de l’Entre-deux-Mers. Bonne nuit réparatrice, petit marché à Ste Foy (radis, bananes, citron). Perte de balise à 4 km de la sortie, j’ai donc fait de la route jusqu’à Pellegrue. Pause grignotage au cimetière (eau potable) où j’ai retrouvé ma balise. Route bien signalée comme faisant partie de la Voie de Vézelay et limitée à 50-70km/h. Ça n’a pas empêché un gros camion de m’envoyer dans le fossé ! Heureusement, le chauffeur s’est arrêté pour me relever. Depuis aujourd’hui, on peut grappiller des figues sur le chemin. Arrivée à Saint-Ferme, visite de l’imposante abbaye bénédictine et installation au gîte. Clair, bien équipé (machine à laver), accueillant (je crois que ce soir j’aurai un vrai bon repas !).

24 août : de Saint-Ferme à La Réole
Belle soirée avec bon repas et en clôture, visite de l’abbaye à la lampe de poche pour bien révéler les détails qu’ on ne voit pas de jour. C’est moi qui ai eu l’honneur de fermer la grille à clé pour la nuit. Petite étape de 20 km contre 27 hier, donc ambiance balade. Alternance de paysages: coteaux de l’Entre-deux-Mers, champs de tournesols, maïs, élevage de chevaux, vergers de pruniers (Agen n’est pas bien loin). 2/3 de route et 1/3 de sentier GR-Chemin de Compostelle. Arrivée assez vertigineuse sur La Réole qui est une petite ville assez contrastée surplombée de la magnifique abbaye St Pierre. Ce soir, je dors en maison privée avec soirée moules/frites… J’ai renvoyé à Weislingen 552g de vêtements pas indispensables !!

25 août : de La Réole à Bazas
26 km qui commencent par un petit matin frais, mais le soleil a bien vite repris le dessus. Pas grand-chose à dire sur le trajet à part les champs de noisettes. Arrivée à l’OT de Bazas pour l’installation au gîte et la réservation de la nuitée prochaine à Captieux. Vu les grandes chaleurs, je me suis rendue compte que je ne pourrai pas faire mes étapes comme prévu.  J’ai donc tout revu à la baisse et je suis allée visiter cette très jolie petite ville dominée par une très belle cathédrale. Sur ce, sont arrivés 2 cyclistes de Nevers puis Clarence, du Finistère. Soirée atypique, car Clarence est un personnage haut en couleurs, ancien docker breton et brocanteur. Il vend des buvards collector en chemin pour se financer, campe, profite des commodités des gites et de la bienveillance de chacun.

26 août : de Bazas à Captieux
Ce matin, départ à 7h15 d’un Bazas qui commençait à se réveiller et faire son marché. Petit jeu de piste tout en montée/descente pour trouver la sortie, puis ligne droite par le GR “Chemin de Compostelle” jusqu’à Captieux. 21 km en 4 heures ! Aucun mérite, c’est tout plat. Journée de marche terminée à 11h30. Le gîte est neuf et bien aménagé. Il y a même un sèche-chaussures (réponse à la photo-devinette de l’album). Pas de réseau, dommage, je pensais rattraper mon retard. Clarence est arrivé à 17h40 comme une fleur et tout content de me retrouver. Soirée à deux, lui mangeant le cèpe ramassé sur le chemin, et moi un plat de pâtes…

27 août : de Captieux à Retjons
Lever à 6h, départ à 7h pour un chemin de 28 km, plat, souvent droit car depuis Bazas, c’est l’ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Langon à Mont-de-Marsan qui a été aménagée en voie verte. Passage dans le département des Landes. Le problème depuis 3 jours avec cette chaleur, c’est qu’on est assailli par les insectes : ça pilonne les joues, vrombit aux oreilles, se prend dans les cheveux, danse devant les yeux, s’entrechoque sur les mains. Sans compter les piqûres de taons et de moustiques. Je marche en me fouettant avec mon foulard. Bref, rien de bien réjouissant à part l’arrivée au gîte à Retjons avec une bonne pression bien fraîche, une bonne douche et enfin de la connexion !…

28 août : de Retjons à Bostens
Je pars au point du jour par un chemin plat et droit, mais… cadeau, ça continue par un sentier escarpé le long d’un ruisseau glougloutant. Je me félicite d’avoir écourté mon étape d’hier car je n’aurais certainement pas apprécié ces 10 km menant à Roquefort, en fin d’après-midi avec la chaleur et les bestioles. Après un désert de fougères, l’arrivée sur Roquefort se fait attendre… Visite de l’église Ste Marie et de la chapelle St Joseph dédiée à St Jacques. Puis de nouveau la lande et une palombière que je sais reconnaître maintenant. A Pouydesseaux, une aire de pique-nique me tend ses bancs. Un monsieur âgé passe et me permet de laver mes tomates chez lui. Il s’agit de Pierre Darré, célèbre biologiste, unique collaborateur de Jean Rostand. Je suis restée plus d’une heure chez lui et en suis sortie plus savante sur les grenouilles et les sangsues. Je reprends ma route, toute contente une nouvelle fois d’avoir réduit mes étapes, et j’arrive au gîte des 9 fontaines, et là, c’est à tomber ! Gîte 5 étoiles !!! Propre, coquet, fonctionnel et qui marche au donativo.

29 août : de Bostens à Mont-de-Marsan
Nuit pas géniale : trop chaud, trop de lumière générée par les dispositifs d’issues de secours. Il y a eu de l’orage et ça a encore plus excité les bestioles. J’ai donc eu recours à la tenue anti-attaque conseillée par une bénévole qui m’a apporté mon repas hier soir : s’affubler de feuilles de fougères… et ça marche. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Route pas géniale non plus : du goudron tout le temps ! Arrivée à Mont-de-Marsan très bruyante. Le gîte (anciens bains/douches) n’est pas mal avec un jardinet mais il y a trop de circulation. Je suis fatiguée et je ne sais pas ce que je vais faire jusqu’à ce soir. On verra…

30 août : de Mont-de-Marsan à Saint-Sever
Lever à 6h, départ à 7h15. Sortie de la ville bien indiquée. Sentier puis goudron, traversée de petits villages sympas avec des gens qui saluent la pèlerine que je suis. D’ailleurs, aujourd’hui, j’ai dû la sortir, la pèlerine et c’était à la limite presqu’agréable. Petite étape de 21 km et je me demandais si je n’allais pas pousser jusqu’à Hagetmau quand j’ai rencontré Karl et Margot à Ste Eulalie. J’étais ravie de rencontrer des pèlerins et eux tout étonnés de voir une Française qui parlait allemand. A Saint-Sever, après la visite de l’abbatiale, qui est un véritable mélange d’art roman, gothique et baroque, nous nous sommes retrouvés au gîte et avons préparé le repas ensemble: je leur ai fait découvrir le confit de canard, les pommes de terre à la sarladaise et le Tursan, vin landais. Bref, nous avons passé une bonne soirée.

PS. Réponse à la devinette de la photo du 13 août (étape 4b) : pour le champ de fleurs blanches, il s’agit de sarrasin (réponse d’un pèlerin breton)

31 août : de Saint-Sever à Amou
Départ ce matin à 7h30 sous une toute petite pluie. Ça marche bien et le paysage redevient vallonné. Arrivée à 11h30 à Hagetmau (étape initialement prévue). Mais comme je me sens en forme, je décide d’en reprendre allègrement pour 17 km jusqu’à Amou, ce qui me fait une belle étape de 36 km. Je découvre ainsi le site préhistorique de Brassempouy mais renonce à la visite d’une durée de 2 heures. Le gîte à Amou m’a un peu étonnée car sombre et plein d’objets bizarres, mais ça a quand même l’air sympa… Demain, 15 km jusqu’à Orthez où je dois retrouver Karl et Margot…

1er septembre : d’Amou à Orthez
Aujourd’hui, 15 km dans la fraîcheur (15°) avec en arrière-plan la chaîne des Pyrénées. Ça se ressent également dans le dénivelé ! Étape pas bien emballante, sortie de Amou non balisée puis route goudronnée jusqu’à Orthez. Je suis arrivée à 12h45 et j’ai quand même pu avoir la clé du gîte contre le dépôt de ma crédential. Superbe lieu, l’Hôtel de la Lune, une maison fortifiée du XIIIe siècle, brièvement occupée par le chroniqueur Jean Froissart. Tout le confort ! Douche, lessive, visite sommaire de la ville (il pleut !): le Vieux Pont, la maison de Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV et visite de l’église St Pierre qui fut un temps protestante. Karl et Margot sont arrivés vers 17h et nous passerons cette dernière soirée ensemble, certainement au resto. Flegme de faire la cuisine !…

2 septembre : d’Orthez à Sauveterre-de-Béarn
Une étape de 25 km avec enfin des allures de GR. Un dénivelé positif de 600 m, autant dire qu’il y a de la vue ! Les Pyrénées se rapprochent (je suis dans les Pyrénées-Atlantiques depuis hier). Le Béarn nous gratifie de maintes formes de balises, on sent que le pèlerinage fait partie intégrante de la vie d’ici. En 2010, des bénévoles ont même planté des fruitiers le long du chemin pour les pèlerins. L’air est vivifiant et la végétation bien particulière. Une belle étape assez sportive complétée par une belle volée d’escaliers à Sauveterre le long de la tour Monréal. Sauveterre-de-Béarn est une petite ville à caractère médiéval qu’il devient malheureusement difficile de faire vivre. Ce ne sont que maisons, bâtiments et commerces à vendre. Je suis logée ce soir chez une vieille dame anglaise qui a perdu son mari en avril et qui apparemment vit chichement.

3 septembre : de Sauveterre-de-Béarn à Saint-Palais
Dernière étape sur la Voie de Vézelay. Je me sens bizarre… Il va falloir que je prenne une autre direction, que j’oublie le balisage que je suis depuis si longtemps, que je rejoigne une autre voie et que “j’affronte” le chemin espagnol. Que d’inconnues ! Pour ma dernière soirée sur cette voie, nous sommes déjà quatre au superbe gîte, ancien couvent des Franciscains à St Palais. Et nous venons tous de chemins différents et en emprunterons d’autres demain…

 

Fin de l’étape 4c

Photos de l’étape 4c
(diaporama automatique en fondu enchaîné)