►► Etape 3

ETAPE 3 : LA SUISSE

Les Fourgs-frontière suisse-Lignerolle (20 km)
Départ avec Wendy et comme Les Fourgs ont été victimes d’un orage dévastateur lundi dernier, on nous conseille de prendre la route, de rejoindre la Via seulement à partir de Jougne et non par la forêt. L’air est agréable et la marche aisée. Ça se complique aux Hôpitaux-Vieux. Ça ne m’empêche pas d’aller saluer Denis qui avait reçu ma maman et mes enfants en vacances d’hiver il y a plus de 20 ans. Il fait toujours de la sculpture sur bois et se propose d’ouvrir des chambres d’hôtes sur la VF.
À Jougne, on surplombe une très belle vallée, et nous longeons une très belle rivière à truites avant un passage de frontière assez confidentiel. Pluie battante jusqu’à Lignerolle où nous arrivons “Chez Epicure”. Bon accueil dans la zénitude avec offre gratuite de jacuzzi pour les vaillantes pèlerines. Visite de la maison, véritable labyrinthe qui nous amène dans notre dortoir après un passage secret dans une armoire. Surprenant! Comme convenu, nous tirons notre repas du sac (les prix sont exorbitants en Suisse) mais dînons quand même en compagnie des autres convives.
Puis, c’est le clou de la soirée avec dégustation (payante) d’absinthe pour ceux que ça intéresse. Je me contente de regarder! Une soirée très sympathique et instructive en compagnie d’un couple hollando-luxembourgeois, un papa suisse de Berne et son fiston de 24 ans faisant un petit bout de la VF, un Français parti de Vevey à vélo et rejoignant la Bretagne, nos hôtes et nous deux Wendy.

De Lignerolle à La Sarraz (20km)
Petit déjeuner dans la bonne humeur et l’abondance (fruits, jus, œufs brouillés, fromage, beurre, miel, confiture…) ce qui explique un départ tardif (9h30). On déroge encore au parcours officiel, toujours sur les conseils avisés de nos hôtes, et je télécharge l’appli Suisse Mobil qui donne les cartes au 1/25000. Impeccable! Nous partons en compagnie de Peter et son fils Silas qui vont aussi à La Sarraz en passant par Romainmôtier-Envy. Pluie et rencontre insolite aux Buis avec un randonneur hollandais et son bœuf! Nous avons retenu un POD au camping, sorte de cabane en forme de cosse de petit pois avec 2 matelas. Peter, arrivé avant nous, a pu avoir l’Abri du berger un peu plus grand (4 matelas). Nous avons fait l’échange. Malgré la pluie, la piscine chauffée nous tendait les bras mais personne pour nous l’ouvrir. Nous avons pu “savourer” toute la splendeur de la lenteur du service suisse tant au point de vue de l’encaissement, des formalités, des explications et de l’installation….

De La Sarraz à Lausanne (25 km)
À La Sarraz, nous laissons le Jura derrière nous et apercevons les Alpes devant nous. Départ dans le vignoble puis au travers de grands champs, ce qui a beaucoup étonné Peter. Cette fois encore, nous décidons de faire au plus direct en empruntant de temps en temps des tronçons de la Francigena. A Cossonay, nous buvons un chocolat et la dame du bar nous donne la clé pour monter au clocher de l’église (original carolingienne remaniée au fil des siècles). Beau panorama: Jura d’un côté et Alpes de l’autre. À Vuillens-la-Ville, à sa demande, nous laissons Wendy qui a besoin de faire une sieste. Peter et moi rejoignons l’AJ á Lausanne à 5mn du Lac. Plongeon bienfaisant dans l’eau un peu fraiche puis promenade dans le parc entourant le site du CIO (Centre International Olympique)….

De Lausanne à Montreux (25km)
Départ à 8h sous un ciel très chargé ce mardi 6 juillet. Nous cheminons au plus près du Lac et Peter m’explique que depuis les années 70, la règlementation suisse a instauré l’obligation de laisser un passage libre pour le public d’environ trois mètres le long du rivage. C’est vraiment joli et tranquille vu la pluie. Nous traversons Ouchy, Pully, Lutry avec leurs belles demeures et leurs grands palaces parfois très kitsch. Puis un rayon de soleil nous accompagne dans la montée et la traversée d’une partie du vignoble de Lavaux. Puis la pluie incessante nous suit jusqu’à Vevey, ville marquée par de grands artistes (Chaplin, Ansermet…).
Petite accalmie et alors, je décide de faire un peu vacances et une entorse à la VF: j’achète un billet de bateau pour Montreux. En attendant le départ, nous perdons tout le bénéfice de notre marche en dévorant un panini et une gaufre avec boule de glace. Puis je prends congé de mon compagnon de marche de 2 jours. À Montreux, après 20 mn de traversée, autre ambiance: presque plus de pluie, promenades animées sur les quais, terrasses occupées, musiciens… Arrivée à l’Auberge de Jeunesse et retour de la pluie…

De Montreux à Aigle (14 km)
Lever à 7h. Très bon petit déjeuner. Départ à 8h30, sous un ciel encore bien maussade, le long du Lac endormi. Quelques gouttelettes de pluie…
À 9h, j’appelle pour mon hébergement de ce soir. La dame n’est pas disponible… Remue-méninges: faire 2 étapes en une, mais à Saint-Maurice, il faut arriver avant 17h chez les Franciscains et je ne suis pas sûre d’avoir une place. De plus, le trajet n’est pas très beau, un peu genre fonds de la vallée de la Maurienne, coincée entre 2 montagnes, la voie ferrée, le trafic routier et les zones industrielles. Le chemin suit la voie ferrée et je peux apprécier l’intense activité du trafic ferroviaire suisse: un train toutes les trois minutes dans un sens ou dans l’autre. En résumé: chemin goudronné, paysage morne, aucun relief, bruit, accumulation de nuages, je décide de zapper l’étape Saint-Maurice. À Aigle, j’attrape de justesse un train en partance pour Genève. Le contrôleur qui allait siffler le départ me fait monter sans billet. Il est 11h30 et c’est la fin de la première partie de mon périple vers Rome.

[Je reprendrai dans trois semaines environ après des vacances en famille avec enfants et petits-enfants au Mont Saint-Michel. À bientôt!]

………….

D’Orsières à Bourg-Saint-Bernard (14 km)
La Romieuse est de retour… Après d’excellentes vacances familiales dans la Baie du Mont Saint Michel, j’ai repris le train pour Orsières, point de suite de ma route vers Rome.
Pourquoi Orsières alors que je m’étais arrêtée à Aigle? Vu la météo, le peu d’intérêt du chemin le long de la ligne de chemin de fer, la difficulté de trouver des hébergements pèlerins en Suisse, j’ai décidé de passer très vite en Italie sans me priver de la montée du Col du Grand St Bernard.
Je suis donc partie ce mardi 27 juillet au matin de mon gîte d’Orsières après une bonne nuit réparatrice, le retour en train m’ayant pris la journée du lundi.
Pas de pluie au réveil, ciel couvert et parfois soleil timide, le top pour une montée de 14 km et un dénivelé cumulé de 1000m. La sortie d’Orsières est agréable par une route forestière qui monte en lacets à droite de la rivière Dranse. Beaux points de vue sur Orsières. On monte et on descend deux chemins bien escarpés qui traversent la rivière et on arrive à Dranse puis à Liddes. Petit café à l’emporter (sic) à l’épicerie, bars, hôtels et restaurants étant fermés, crise sanitaire. Le chemin continue à bien monter jusqu’à Bourg-Saint-Pierre mais le panorama est magnifique. Me voici maintenant au Bivouac Napoléon, assez grand hôtel-restaurant disposant de chambres pour pèlerins à l’entrée du bourg. J’ai perdu un peu de mon entraînement et la matinée fut rude!
Demain c’est le Col du Grand St Bernard…..

Le Col du Grand Saint-Bernard (10 km)
Ce mercredi 28 juillet devait être le grand jour de la montée vers le Col du Grand Saint-Bernard, mais la météo en a décidé autrement. À 7h j’étais prête, mais la pluie et le brouillard aussi. De plus, une alerte active mettait en garde sur les risques d’orage et de neige. J’ai donc appelé cet ami qui devait me rejoindre là-haut et par chance, sa route passait par Bourg-Saint-Pierre. C’est donc en voiture et un peu frustrée que j’ai fait cette dernière étape suisse de la Francigena. Mais nous nous sommes rattrapés en faisant une boucle de 10 km au-dessus du Col à 2600m d’altitude avec pas mal de dénivelé et des passages très escarpés. Ça a bien compensé les 11km séparant Bourg-Saint-Pierre du Col du Grand Saint-Bernard. Finalement, une belle journée!

Le film de l’étape 3
(diaporama automatique)

Fin de l’étape 3         >>> vers l’étape 4