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LA TRAVERSÉE DES VOSGES, DU NORD AU SUD
Etape 3 : De Eichhoffen (Bas-Rhin) à Cernay (Haut-Rhin)
à partir du 3 mai 2026
Après l’étape 1 qui nous a menées Chantal et moi, de Wissembourg à La Petite Pierre en mars 2023, nous rêvions de continuer cette traversée des Vosges ensemble. Mais ce n’est pas toujours facile d’harmoniser nos emplois du temps, et donc Chantal en a fait une partie en famille, et moi j’ai repris de Saverne jusqu’à Schirmeck avec mon petit-fils Victor en août 2025.
En début d’année 2026, nous décidons de reprendre à peu près à un endroit qui nous conviendrait à toutes les deux. Nous choisissons Andlau comme point de départ.
Malheureusement, en mai, les sentiers sont très fréquentés et nous n’avons pas pu réserver au refuge du Gruckert pour notre première nuit. A partir de cette déconvenue, nous avons revu notre déroulé d’étapes en fonction des réservations que nous avons pu effectuer, ce qui relève parfois du casse-tête. Ce qui donne:
• J1 Diemeringen -> Eichhoffen (en train) puis Bernardvillé à pied 6 km ( par le Chemin de Compostelle)
• J2 Bernardvillé -> Châtenois 17 km
• J3 Châtenois -> Ribeauvillé 24 km
• J4 Ribeauvillé -> Le Bonhomme 24 km
• J5 Le Bonhomme -> Lac Noir 13 km
• J6 Lac Noir -> Sotré 14 km
• J7 Sotré -> Hahnenbrunnen 19 km
• J8 Hahnenbrunnen -> Goldbach-Altenbach 20 km
• J9 Altenbach -> Cernay 17 km.
Départ prévu à 10h30 ce dimanche 3 mai par le train, nous avons déjà les billets….
Dimanche 3 mai : Diemeringen-Eichhoffen (en train) → Bernardvillé (+ 7km à pied)
C’est reparti. Départ de la gare de Diemeringen ce matin à 10h30, arrivée à Eichhoffen à 12h47 comme prévu, pas de retard, pas de contrôle. Nous aurions aimé prendre un café, mais faut pas rêver… un dimanche en Alsace rurale.
Alors, nous sommes parties vaillamment en suivant le Chemin de Compostelle. Le temps était incertain le matin, puis chaud et maintenant frais et très venteux.
Je me souvenais bien de la belle longue montée encaissée après Andlau et de la descente par le vignoble vers Bernardvillé. En revanche, plus trop de souvenirs du village (ça remonte à 9 ans!). Nous avons été bien accueillies à l’Abbaye mais les sœurs ont pris de l’âge aussi, elles font beaucoup de choses de mémoire et la mémoire vacille parfois…
Nous avons une petite chambre « mais à deux lits! » (sic) avec douche-WC. Nous irons certainement aux vêpres à 17h15 avant le repas prévu à 18h. Demain matin, petit-déjeuner à 7h45.
Nous sommes ravies de notre première journée.
Lundi 4 mai 2026 : Bernardvillé -> Châtenois (18 km)
Belle soirée conviviale, bonne nuit, petit-déjeuner animé et nous voilà prêtes à affronter nos 18 km de GR5. Nous avons quitté Bernardvillé entre côteau schisteux et côteau gréseux puis avons gravi ce dernier. Une belle étape agrémentée d’une météo complice nous permettant d’en apprécier toutes les facettes.
Après le vignoble, nous cheminons en sous-bois avec parfois des arbres tombés dangereusement sur le chemin. D’ailleurs, de nombreux panneaux invitent à la prudence vu l’impact de la sècheresse sur la forêt.
Après Sommerrain, nous arrivons au pied d’un sentier flanqué d’un panneau détaillant les 3 heures de trajet jusqu’à Châtenois, sans compter les pauses assez nombreuses vu tout ce qui nous est offert: Rocher de l’Âne, Rocher de l’Indien, châteaux de Bernstein, Ortenbourg, Ramstein, beaux points de vue sur les villages de la plaine d’Alsace avec la Forêt Noire en arrière-fond. Tout ça en montées, descentes, le tout ponctué par une longue descente assez raide sur Châtenois sur un chemin escarpé, rocailleux, agrémenté d’un système racinaire dense et de gravillons.
L’étape se termine par une longue sente plate longeant le Giessen sur plus de 2 km avant que nous puissions le traverser et entrer dans Châtenois.
Petite pression en terrasse et installation au centre d’hébergement et de randonnée de Centre Alsace.
Mardi 5 mai 2026 : Châtenois-> La Clausmatt (Ribeauvillé) 25 km
Journée intense. Petite pluie fine au départ de Châtenois (qui doit son nom aux forêts de châtaigniers) pour une douce et constante montée vers le Haut Koenigsbourg (env. 10km). Au passage, nous découvrons la source du Jeriabrunne. Alternance de grandes sentes et de petits sentiers sur ce GR 5 qui suit la même trace que le chemin européen E2 et le Chemin des Châteaux. Autre curiosité: une borne pentagonale (5 côtés).
Arrivées au Haut Koenigsbourg, superbe vue sur la plaine d’Alsace un peu embrumée.
Cap sur le village de Thannenkirch, très accueillant avec ses nombreuses fontaines d’eau potable, son magnifique rosier de variété ancienne, petit café dans le salon cosy du Clos des Sources. Tout se passe bien à un bon rythme jusqu’au Château de Ribeaupierre. Et là, ça se complique.
Nous avions aperçu sur notre droite en y montant un sentier descendant avec un panneau indiquant: Saint Ulrich (facile). Mais nous voulons suivre le GR 5 et continuons sur notre rectangle rouge. En fait, là, il aurait fallu un panneau: Sentier dangereux. Pour descendre jusqu’au St Ulrich, c’est un petit sentier pierreux, en descente raide avec des passages pourvus de cordes pour se tenir, pas très pratique quand on a des bâtons, un sac relativement lourd sur le dos, déjà 20 km dans les jambes avec un dénivelé positif total de presque 1000m, le tout arrosé d’une petite pluie. Bref, arrivées au St Ulrich, nous n’étions pas au bout de nos peines car la descente sur Ribeauvillé est seulement un petit peu moins raide, toujours aussi escarpée et elle se termine par un beau tronçon de pavés rendus glissants par la pluie.
Petit arrêt sur un banc pour reprendre nos esprits avant de repartir pour les 4 derniers kilomètres toujours en montée d’abord escarpée puis sur chemin carrossable jusqu’à notre hébergement à la Clausmatt.
Il s’agit d’une structure d’accueil et de réinsertion pour des accidentés de la vie (addictions, anciens détenus…). Il y a ainsi actuellement 12 résidents qui font tourner l’auberge. Le repas en demi-pension était excellent et copieux…
Mercredi 6 mai 2026 : La Clausmatt (Ribeauvillé) -> Le Bonhomme (24 km)
Journée très bien commencée avec soleil, petit-déjeuner servi par Radija qui nous a posé beaucoup de questions et s’est déclarée prête à acheter des baskets. Elle nous a également offert un paquet de « Bêtises » de chez elle.
Départ par la croix bleue avant de rattraper le rectangle rouge (notre GR). Ça grimpe bien car le but de la journée est d’arriver sur le chemin des crêtes après la Pierre des trois Bans. Nous traversons de véritables champs de myrtilles sauvages et parcourons des chemins aussi variés que les jours précédents. À la Roche du Tétras, beau chaos minéral, nous décidons de « prendre un raccourci » et de quitter le rectangle rouge car la pluie menace. Hélas, nous nous sommes bien ennuyées jusqu’au Col du Freland. Pause de midi, photo du beau panorama sur les sommets vosgiens jusqu’au Grand Ballon.
Nous continuons à monter et la pluie s’abat sur nous dès que nous atteignons l’abri de la Pierre des trois Bans. Parapluies, couche vestimentaire supplémentaire car il fait froid, gants pour Chantal. Nous décidons à nouveau de prendre un raccourci en suivant le rectangle jaune et en renonçant au Col des Bagenelles. Bref ce chemin est tout en descente, pas toujours suffisamment balisé et ne présente aucun intérêt.
Pour couronner le tout, une déviation pour travaux de coupe nous fait une petite rallonge de 2 kilomètres jusqu’au Bonhomme.
Heureusement, nous sommes réconfortées par la qualité de l’Hôtel de la Poste qui propose piscine, sauna, hammam…
>>> Photos à venir
Jeudi 7 mai : Le Bonhomme -> Le Refuge du Lac Noir (16km)
Départ tranquille ce matin après avoir fait nos sandwiches autorisés lors du petit-déjeuner par l’hôtelier, très compréhensif envers les randonneurs depuis qu’il n’y a plus de commerce au Bonhomme. Nous recommandons l’adresse!
Ça grimpe tout de suite très fort jusqu’à la Tête des Faux (1220m). Un véritable parcours historique avec de nombreux vestiges de la guerre 14-18: cimetières de soldats allemands et français, ancien câble de ligne téléphonique, abris, station de pompage de l’Etang du Devin, barbelés, station du funiculaire… Il existe d’ailleurs un circuit spécifique pour cette époque. Le soleil n’était encore pas au rendez-vous, il faisait même froid et très humide. Chemin principalement accidenté: grosses pierres, nombreuses racines, éboulis etc… Bref 16km bien riches!
Après le Col du Calvaire, nous sommes descendues jusqu’au Lac Blanc par le sentier Freppel assez acrobatique. Chocolat chaud à l’Auberge des 1000 mètres puis re-crapahutage intense au début du sentier Cornélius qui nous a menées jusqu’au Refuge du Lac Noir. C’est tenu par les bénévoles des Amis de la Nature qui ont racheté l’ancienne école du village EDF, actif jusque dans les années 1970.
Nous avons la chambre PMR (personnes à mobilité réduite) !!!
>>> Photos à venir
Vendredi 8 mai 2026 : Lac Noir->Refuge du Sotré (18 km)
Départ du Lac ce vendredi 8 mai, enfin sous le soleil. Première déconvenue : le sentier que nous voulions prendre pour le Col de la Schlucht est supprimé. Nous prenons un sentier en forte montée pour atteindre la crête. En fin de journée, nous constaterons que ça nous a fait une rallonge de presque 3 kilomètres. Les sentiers sont fortement empierrés et assez difficiles. Nous avons grimpé jusqu’au Gazon du Faing (beau panorama). Là, le chemin est plus fréquenté : groupes, coureurs, jeunes, moins jeunes, une belle diversité! Que dire de plus? Les points les plus marquants : Gazon du Faing, Le Tanet, la Schlucht où nous avons fait une bonne pause réparatrice au bar du Tétras, puis grimpette jusqu’au (presque) Hohneck pour redescendre au Refuge du Sotré, principalement adapté pour recevoir des personnes handicapées. Nous partageons notre chambre avec un jeune couple venu ce matin de Paris par le train.
En résumé: journée très physique, avec soleil, nuages et petite fraîcheur. Beaux points de vue et beaucoup de pierres!
Samedi 9 mai 2026 : Le Sotré ->Col du Hahnenbrunnen (24 km)
Nuit moyenne mais petit-déjeuner reconstituant: salé/sucré/fruits… Départ vers 9h pour le refuge du Hahnenbrunnen en passant par le Hohneck et en descendant le sentier de la Wormsa. 11 kilomètres très physiques jusqu’à Mittlach avec des paysages époustouflants sous le soleil: panoramas à 360° à perte de vue, lac de barrage et ferme-auberge du Schiessrothried, lac du Fischboedle, cascades de la Wormsa. Chantal prend plaisir à essayer de reconnaître les sommets et villages.
En remontant de Mittlach sur 12 km, nous pouvons admirer la Vallée de Munster, remplir nos gourdes à la source Wiedenbach-Runz avant d’accéder au Col du Herrenberg et apercevoir le Grand-Ballon où nous devons passer demain.
Encore 1h10 d’effort et nous voici au refuge du Hahnenbrunnen géré par des bénévoles du Touring Club de Mulhouse. Belle ambiance ce soir où chaque groupe prépare son repas. Pour nous, c’est soupe de lentilles et restant de tartiflette d’hier soir (doggybag) que Chantal nous prépare pendant que j’écris…
Dimanche 10 mai 2026 : Col du Hahnenbrunnen -> Altenbach (21 km)
Beau soleil au réveil dans un paysage de rêve. Nous partons comme d’habitude vers 8h30 en direction du Grand Ballon. Verts pâturages déserts parsemés de pensées de montagnes et de renoncules, beau sentier moelleux jusqu’au Markstein. En ce dimanche, nous ne pouvons éviter les bandes de motos mais c’est encore supportable. Au carrefour, une pancarte indique la direction de Cernay, fin de notre petite aventure. Mais c’est pour demain.
De là, un petit sentier surplombant la route devient grande sente à travers la forêt, et il nous emmène en douce montée au Col du Haag, au pied du Grand Ballon.
Petite pause grignotage sur le parking de la ferme-auberge avant de monter au sommet du Grand Ballon, ce que nous faisons sans sacs à dos, l’aubergiste nous ayant autorisé à les laisser dans un coin.
Nous avons donc fait le tour en montant par le côté du Monument des Diables bleus et sommes redescendues par le superbe chalet du Club Vosgien, malheureusement fermé jusqu’à nouvel ordre.
À l’auberge, avant de récupérer nos sacs, belle tarte à la rhubarbe et café.
Ensuite, il nous suffit de descendre un sentier « croix jaune » pendant une bonne heure pour arriver à Altenbach avec la pluie…
>>> pour lire le panneau d’info sur la zone protégée du Grand Ballon,
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