ETAPE 1 : LE LATIUM de Rome à Minturno
(du 6 juin au 15 juin 2025)
Vendredi 6 juin : Les prémices à Rome (13 km) > PHOTOS <
Après avoir vu partir mes amis du Club Vosgien avec lesquels je suis venue passer quelques jours au bord du Lac Majeur, j’ai pris le taxi jusqu’à la gare de Stresa et de là, le train jusqu’à Rome pour rejoindre le point de départ de la Voie Francigena du Sud, suivant en grande partie La Via Appia antica jusqu’à Brindisi.
Rome-Termini m’a vue débarquer à 14h30 et là, direction Via dei Genovesi pour l’hébergement. Premier désappointement, l’hospice ne vend pas de crédenciale. J’ai donc dû repartir pour le point Eco-bike sur la Via Appia pour m’en procurer une avant la fermeture. Ce qui m’a permis de prendre mes premières photos… et de me rendre compte de l’état extrême de la circulation sur cette route.
De retour à l’hébergement, il n’y a déjà presque plus de place, car beaucoup de pèlerins piétons et cyclistes terminent leur périple là. Au repas donativo, nous étions 22 participants.
Samedi 7 juin : Rome – Castel Gandolfo (26 km) > PHOTOS <
Départ à 6h et petit cafouillage par rapport à la veille car beaucoup de rues sont fermées pour cause de jubilé, le Circus Massimus est transformé en un gigantesque podium. Je suis tout de même arrivée au bon carrefour et me suis engagée dans la Via Appia nettement moins encombrée aujourd’hui. La Via Appia antica est une partie de la Via Francigena mais également de la voie de Jérusalem et de la voie de Saint Thomas. De par ma recherche de crédenciale, je connaissais déjà les quatre premiers kilomètres jusqu’après la porte de Saint Sébastien. Sans le vouloir vraiment mais sachant qu’elle existait, je suis passée par la variante calme, boisée, semée de ruines de la Valle della Caffarella.
Après avoir rejoint la Via Appia antica, on côtoie les grosses pierres pavant la rue ainsi que les belles propriétés et des maisons plus modestes. Complètement délabrée et servant de décharge dans les années 1980, la Via Appia a fait l’objet d’un vaste programme de restauration et constitue maintenant une belle voie piétonne avec des vestiges tous les dix mètres.
Pause de midi au point info de Marino et là, grosse erreur, j’ai fait des courses et suis repartie avec quelques kilos en plus dans le sac. Je l’ai bien regretté dans la deuxième partie du trajet montant à la résidence papale d’été de Castel Gandolfo. On comprend pourquoi le pape s’est installé là : belle vue sur la plaine, lac en contrebas, atmosphère aérée…
Mais je n’étais pas au bout de mes peines ! Pas d’hébergement à cause du jubilé. Finalement, grâce à l’aide du point info, j’ai quand même un superbe appartement au pied de la résidence papale pour 80 euros prix pèlerin au lieu de 200 euros. Bref, le luxe et là, je ne regrette plus d’avoir fait des courses à midi!
Dimanche 8 juin (Pentecôte) : Castel Gandolfo – Velletri (21 km) > PHOTOS <
Nuit très réparatrice. Petit déjeuner au BnB. Départ un peu tardif, à 8h. Deux circuits possibles: 17 ou 21 km. Après tout, je suis là pour voir du pays, j’ai choisi le 21 km qui passe par Albano en contrebas de Castel Gandolfo. Descente rapide par des escaliers et un petit chemin cimenté en site propre. Beaucoup de marcheurs mais très agréable, il fait encore relativement frais. Au centre d’Albano, préparatifs du marché de Pentecôte, circuit passant par le siège du Parti socialiste et se terminant en montée jusqu’à la jonction avec le circuit de 17 km.
Belle surprise : à partir de là, un chemin presque en balcon, surplombant le lac, boisé, ombragé, bien indiqué mais truffé de vététistes super-équipés. Parfois, quelques difficultés de terrain, pierres en montée, chemin étroit et escarpé. Grande descente accidentée avant de remonter à Nemi qui avait sorti ses fraises, ses truffes, ses fromages et ses bons vins… L’eau à la bouche, j’ai acheté des fraises et goûté le fromage à la truffe avec un beau panorama sur le lac.
La sortie se complique un peu car la VF (Via Francigena) se confond avec la route sur environ 2 km. Il y a de la circulation et le soleil tape. Heureusement, petite bifurcation à gauche dans une forêt de châtaigniers bien ombragée. Les camomilles bordent le sentier et c’est superbe. Ensuite: rude montée sur six courbes de niveau. J’ai dû m’arrêter plusieurs fois! De plus, la végétation n’est pas dégagée et il n’est pas facile de se frayer un chemin.
En arrivant sur Velletri, j’ai appelé l’hébergement conseillé par le point info de Castel Gandolfo. À 15h, j’étais accueillie au Seminario Don Orione au beau milieu d’une fête scoute. Pas de repas du soir mais « petit-déjeuner » industriel demain matin qui m’attend déjà dans la cuisine… Je suis contente d’avoir fait des courses hier!
Lundi 9 juin : Velletri – Cori (19 km + stop) > PHOTOS <
A 6h. ce matin, Léo, le bénévole « bon à tout faire » irlandais m’annonce qu’il n’y a pas d’eau. Mais en habitué de la maison, il avait rempli 2 bouteilles la veille. Nous avons donc bu le café ensemble et mangé une part d’un gâteau bien sec qu’il avait fait deux jours auparavant, offert « avec le cœur « . Sac à dos, bâtons, gourde remplie, je me retrouve bloquée à la grille d’entrée qu’il avait oublié de déclencher… Comme le Seminario est un peu à l’écart de la VF, je me mets vaillamment en chemin pour la rejoindre et sortir de la ville. J’y ai mis plus d’une heure! Bref, en route pour une petite étape annoncée à 18km mais avec un avertissement pour modification temporaire du trajet.
Je n’ai pas été déçue. De la route sans trottoirs pendant des kilomètres. Arrivée enfin à un sentier dont l’avenir est compromis (cf. photo), je dois déchanter car la végétation est dense et haute et… je n’ai plus de réseau.
J’arrive enfin au bord du Lago de Giulianello pour une pause bien méritée. Puis, de nouveau la route sans trottoirs, au trafic dense avec gros camions, passage devant une cimenterie, erreur de parcours, route en montée et en lacets, soleil, chaleur. Bref, après 19 km, je jette l’éponge et je fais du stop jusqu’au Circo della Farfalla, l’hébergement prévu. C’est en travaux mais ouvert et j’ai une chambre seule avec douche froide et sans repas. Journée très éprouvante!
Demain, l’appli annonce encore des modifications d’itinéraire pour travaux sur route. Je pense que je vais prendre un bus!
Mardi 10 juin : Cori – Sermoneta (17 km à pieds et ~ 6 km en stop) > PHOTOS <
Lever zen à 5h30 puisque j’avais décidé de rendre cette étape confortable. Mais… pas de café ouvert à Cori où, par acquis de conscience, je suis montée voir le temple d’Hercule. Cheminement pittoresque dans les petites rues et je me suis retrouvée tout à coup sur un sentier grimpant résolument sur la montagne d’en face. J’étais toute contente et suis redescendue jusqu’à la route menant à Norma. Là, même scénario qu’hier, j’ai donc fait du stop tout en marchant. Au bout d’une demi-heure, une voiture s’est arrêtée.
À Norma, j’ai enfin pu prendre mon petit-déjeuner et redescendre dans la plaine de Sermoneta par un joli sentier escarpé et remonter de l’autre côté par un sentier en lacets et pas trop dégagé, avec l’impression que ça ne s’arrêtera jamais de grimper! Arrivée au bourg, j’ai téléphoné à la Tana del Coniglio, et bonne surprise, c’est un hébergement 1/2 pension en pleine nature avec ânes, vaches, moutons, chevaux et un cabanon en bois pour moi. La vue est magnifique.
Mercredi 11 juin : Sermoneta – Sezze – Priverno (17 km à pieds + 12 en voiture) > PHOTOS <
L’étape du jour jusqu’à Sezze étant très courte (11km), je me suis laissé persuader de pousser jusqu’à Priverno où l’hébergeuse de la Tana avait un contact.
Effectivement, j’étais à 9h45 à Sezze après un parcours d’abord raisonnablement montant puis rencontre de 4 chiens pas sympathiques. Le sentier se transforme en piste pour troupeaux et j’ai fait l’inévitable rencontre de vaches avec leurs petits: profil bas et jeu de cache-cache! La sortie de Sezze se fait par un portillon rigolo et débouche de nouveau sur un sentier à vaches, en forte descente, rocailleux, bordé de hauts chardons et donnant sur le vide à droite.
Vers 11h, je suis arrivée sur le tronçon bitumé de l’incontournable route. À 11h30, la chaleur étant déjà écrasante et ne trouvant pas de bar où me réfugier, j’ai commencé à faire du stop et une voiture m’a amenée à Priverno avec 5h d’avance sur l’horaire prévu. Je me suis installée au frais dans un bar et j’attends l’appel de Gloria…
Jeudi 12 juin : Priverno – Fossanova – Terracina (28 km) > PHOTOS <
Je voudrais compléter le récit de ma soirée avec Gloria. C’est une jeune femme, native de Priverno, qui met gratuitement à disposition son divan pour les pèlerins puisque pèlerine elle-même. De plus, elle m’a fait une visite guidée de la ville avec plein de petits détails: jeu taillé dans la pierre d’un escalier, peinture de Marie-Madeleine vêtue de sa seule chevelure, figure obscène cachée sur la façade de la cathédrale, nuancier des couleurs locales et des échantillons de déco architecturale sur le mur de l’école etc… Nous avons terminé la soirée devant une belle pizza à la mozzarella di buffala di campana. Excellente.
Ce matin, départ à 6h30 avec l’envie de visiter et de voir les merveilles décrites par Gloria à Fossanova et à Terracina. Chemin de départ repéré la veille, donc pas de problème. Le trajet est plat et comporte une belle partie campagnarde jusqu’à Fossanova, de la route plus ou moins passante ensuite avec ‘voie verte’ qui longe la voie de chemin de fer désaffectée. Pas très ombragée et monotone. À Terracina, un peu de mal à me faire ouvrir la porte de l’hébergement , puis douche, repos et visite de la ville. D’abord la plage puis le centre historique très riche et pittoresque.
| Message reçu le 12/06/2025 à 08:43 « Coucou de Diem. Hello Annie! Débuts chaotiques? Mais TU en as sous les pieds. ADMIRATION ! te suis..dans l’imag…..ination. Bernard » |
Vendredi 13 juin 2025 : Terracina – Fondi / Monasterio San Magno (21 km) > PHOTOS <
Bruits de circulation, chaleur étouffante, moustiques = très mauvaise nuit. J’ai dû sortir ma moustiquaire et l’installer tant bien que mal avec mes deux bâtons au-dessus de mon lit de camp!
Prête à partir à 5h30, j’ai dû attendre 20 min avant de trouver comment sortir de cette enceinte piégeuse. J’ai trouvé et après un petit-déjeuner, ascension du centre historique et des riches villas pour sortir en belle grimpette de cette ville.
Très belle vue sur la mer et tout à coup, sur le sentier, la Via Appia avec ses grosses pierres. De l’autre côté de la montagne, en contrebas, une plaine maraîchère et de nombreuses serres autour d’un lac. Toujours en surplomb, le sentier devient muletier, pas dégagé du tout de ses hautes herbes et bien pierreux. Comme j’avais encore passé un portillon, j’avais bien peur de rencontrer des troupeaux. Non, tout s’est bien passé, mais j’ai trouvé un moyen plus simple et moins dangereux pour aller à Monte San Biagio où les buffale étaient bien sagement parquées. A partir de là, vu l’extrême chaleur et un beau petit dénivelé, j’ai fait de nombreuses pauses pour arriver à mon hébergement du jour: le monasterio de San Magno recommandé par Gloria de Priverno.
Une petite chambre, une belle cuisine, des moustiquaires aux fenêtres et une épicerie à 100 m. Le bonheur et… la décadence ( vu ce que j’ai acheté!).
Samedi 14 juin : Fondi / Monasterio San Magno – Formia (20 km à pieds + 8 km en bus) > PHOTOS <
Drôle de journée! 4km de route de San Magno à Fondi, sans histoire, tranquille parmi les petits vergers. Après Fondi, c’est aussi la campagne mais il n’y a pas une once d’ombre. C’est pénible! Puis on arrive à la belle surprise : dans le parc naturel des Monts Aurunci, la Via Appia antique reparaît presque jusqu’à Itri. Pas facile de marcher mais ça monte doucement et il y a beaucoup de panneaux informatifs. C’est un lieu préservé et protégé, calme même si la route bien fréquentée la longe en parallèle.
Arrivé à Itri, on ne peut pas ignorer que Naples n’est pas loin (panneaux et voitures rétro). Je n’ai rien trouvé pour la nuit car pas d’accueil pèlerins et Bnb trop chers, et tout à coup un bus pour Formia s’arrête juste devant moi. Pas le temps de réfléchir, je monte sans ticket et le chauffeur me dit de m’asseoir sans me faire payer.
À 13h, débarquement à Formia, ville portuaire avec départ de ferry pour les Îles Pontines et Naples. Gros trafic mais je me dirige de pied ferme vers ce que pensais être mon hébergement. Hélas, les renseignements sur l’appli sont périmés et les sœurs me dirigent vers l’église d’à côté où il y a un accueil simple juste pour la nuitée. Comme c’est au bord de la mer, j’ai voulu aller me baigner mais trop de monde…
Entre-temps un pèlerin faisant le trajet inverse est arrivé et m’a dit que jusqu’aux Pouilles, l’hébergement était très difficile. En revanche, il ne tarit pas d’éloges sur les Pouilles!
Dimanche 15 juin : Formia – Minturno (18km + 6 km de recherche d’hébergement) > PHOTOS <
Encore une journée tarabiscotée! Trajet tranquille le long de la mer donc relativement plat. Une mer « morte » avec des centaines de parasols autour de flaques d’eau délimitées par des sortes de digues en grosses pierres. Après une quinzaine de km, bifurcation à gauche car le Garigliano, fleuve-frontière entre le Latium et la Campanie se jette dans la mer. Trois kilomètres plus loin, c’est la fin de l’étape, au Parc archéologique de Minturno. Il est 10h45 et je prends un billet pour visiter le site. Je me laisse le temps avant d’aller à la Parrochia San Biagio pour l’hébergement. Après un appel sans réponse, je me méfie et demande s’il y a une chambre à l’hôtel proche du Parc. Réponse positive mais je me mets quand même en route pour 3 km jusqu’à l’église. Finalement, il n’y a plus d’hébergement.
Après réflexion, je m’assure qu’il y a une gare à Minturno et qu’un train pourrait m’emmener directement à Benevento, soit à l’étape 19 du découpage de l’application de la Via Francigena. Je vais sur place vérifier qu’il y a bien une gare en fonctionnement et je prends un billet pour demain matin 10heures, arrivée à Benevento vers 14h30 pour 6 euros. Je fais donc l’impasse sur la Campanie sur les conseils du pèlerin rencontré hier.
Maintenant, je suis à l’hôtel et savoure une grande chambre avec lit, draps, salle de bains…
Fin de l’étape 1 >>> vers l’étape 2